Jardinage, nature et exercices physiques pour prendre soin de soi

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La nature à des effets bénéfiques sur nous c’est indéniable. A la vue d’un magnifique paysage, nous voilà gonflés à bloc pour démarrer la journée du bon pied. Que l’on se trouve à la plage, sur des dunes, dans une forêt, les magnifiques paysages, nous permettent de ressentir du bien-être.

D’autre part, la liste des effets bénéfiques du sport est indiscutable. Au niveau de la santé physique (meilleure circulation sanguine, augmentation de la masse musculaire, diminution de la masse graisseuse, augmentation de l’endurance, etc.) mais aussi au niveau moral.

Mais que ce passe-t-il lorsque l’on combine les deux : sport et nature, les bienfaits sont-ils confirmés et multipliés ? Qu’en est-il du jardinage qui en soi est une assimilation d’une pratique physique dans la nature. La question mérite d’être éclaircie, car selon une étude de l’IFOP commanditée par le site Clotures-grillages.com, le jardinage n’est pas l’activité partagée, au sein du jardin, qui recueille le plus d’adeptes. Les Français très épicuriens lui préfèrent les activités de gourmandise (repas en familles, barbecue) à ou détente.

Activité physique en pleine nature

On sait que l’activité physique et l’exposition à la nature ont, séparément, des effets positifs sur la santé physique et mentale des individus.
Une étude du département des sciences en biologie de l’université de l’Essex en Grande-Bretagne menée par les professeurs Jules Pretty, Jo Peacock, Martin Sellens et Murray Griffin s’était intéressée à cette question en 2006.

(https://www.researchgate.net/publication/7355171_The_mental_and_physical_health_outcomes_of_green_exercise)

L’étude de santé mentale et physique en pleine nature a cherché à déterminer s’il existe un avantage synergique à pratiquer des activités physiques tout en étant directement exposé à la nature (« exercice vert »).
Pour mener cette expérience, on a demandé à cinq groupes de 20 sujets de réaliser de l’exercice sur un tapis roulant. La pratique de ces exercices se faisait dans un environnement neutre puis tout en visualisant successivement 30 scènes différentes projetées sur un mur.
Les scènes proposées étaient catégorisées selon 4 groupes avec des images du type rural agréable, rurale désagréable, urbaine agréable et urbaine désagréable.
La pression artérielle et deux mesures psychologiques (estime de soi et humeur) ont été mesurées avant et après l’intervention.
Les résultats ont montré un lien clair entre l’exercice et les différentes scènes visualisées sur la pression artérielle, l’estime de soi et l’humeur. Il a été constaté que :

  • Exercices seuls dans un environnement neutre sans projection d’image
    L’exercice seul a réduit de manière significative la pression artérielle, a augmenté l’estime de soi et a eu un effet positif significatif sur 4 des 6 mesures de l’humeur.
  • Exercices avec projection de scènes rurales et urbaines agréables
    Les scènes rurales et urbaines agréables ont produit un effet positif significativement plus important sur l’estime de soi que le contrôle de l’exercice seul. Ce qui montre l’effet synergique de l’exercice vert dans les environnements ruraux et urbains.
  • Exercices avec projection de scènes rurales et urbaines désagréables
    En revanche, les scènes rurales et urbaines désagréables ont réduit les effets positifs de l’exercice sur l’estime de soi.
    Les scènes rurales désagréables ont eu l’effet le plus spectaculaire, réduisant les effets bénéfiques de l’exercice sur trois mesures différentes de l’humeur. Il semble que les menaces pour la campagne dépeintes dans les scènes rurales désagréables aient un effet négatif plus important sur l’humeur que les scènes urbaines désagréables.

Une étude dont les résultats sont sans appel, les exercices au vert ont des conséquences importantes sur la santé publique et environnementale.
Mais si tel est le cas le jardinage, qui allie l’effort physique et la nature, a-t-il les mêmes effets bénéfiques.

Jardiner c’est prendre soin de soi

Et si prendre soin des plantes était aussi un moyen de prendre soin de soi. C’est en tout cas ce que tendent à prouver les études concernant les bienfaits du jardinage.

Une étude de contrôle des avantages des jardins familiaux en matière de santé et de bien-être parut dans le Journal of Public Health, Volume 38, Issue 3, 17 September 2016, Pages e336–e344, corrobore ces informations.

( https://academic.oup.com/jpubhealth/article/38/3/e336/2239844 )

En Angleterre, trois chercheurs britanniques des universités de Westminster et d’Essex, ont par exemple réalisé une étude scientifique démontrant les bienfaits du jardinage.
Cette étude à la particularité d’inclure dans son panel des personnes qui ne jardinent pas habituellement pour les comparer à des habitués du jardinage. Une spécificité intéressante puisqu’elle permet réellement de voir les effets positifs de cette activité pour des personnes qui n’avaient pas l’habitude de s’occuper d’un petit lopin de terre.

Mais cette étude présente également un certain nombre de limites. Car les évaluations sur l’estime de soi des participants ou tout autre critère se fait selon un barème arrêté. Ainsi un participant peut avoir estimé un score important en début de sessions et s’il se sent encore mieux en fin de session cette amélioration peut être difficile à évaluer puisque le score haut a déjà été sélectionné.

De plus, nous savons que pour la constitution de l’échantillon, il a été difficile de faire participer des non-jardiniers en mauvaise santé. En effet la majorité des non-jardiniers étaient en bonne santé, ce qui a pu biaiser les résultats. Or il serait intéressant de mesurer l’effet du jardinage sur des participants ayant un faible niveau de bien-être mental.

Dans l’ensemble, les résultats de cette étude démontrent qu’une seule séance de jardinage peut améliorer à la fois l’estime de soi et l’humeur, indépendamment du temps que les participants passent dans les jardins familiaux.

Le fait de travailler la terre, même une demi-heure par semaine, améliore l’estime de soi, calme l’anxiété, rend moins irritable et diminue le risque de dépression.

Les organisations de santé et les décideurs politiques devraient surement considérer le potentiel des jardins familiaux et du sport en pleine nature comme un outil à long terme pour lutter contre la prévalence croissante de la mauvaise santé et les autorités publiques locales devraient chercher à fournir des parcelles pour l’aménagement de jardins partagés pour permettre aux résidents de maisons de retraites ou d’un lotissement d’avoir des occasions régulières de participer à des activités de jardinage.

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